POSTURE ARTISTIQUE
Je me suis déjà exprimé de manière abstraite mais je suis aujourd’hui un artiste dit « figuratif ». Je suis aussi un créateur savant et ne suis pas autodidacte.
A ce titre j’ai pratiqué l’abstraction dans la commande d’État et la figuration comme sculpteur statuaire au sein des Monuments Historiques français.
Quand on me demande si j’ai vécu de ma sculpture et de ma peinture, je réponds simplement que j’en ai survécu.
Je n’ai donc jamais opté pour l’une ou l’autre des trois tendances actuelles ce qui m’a valu de puissants ennemis dans les trois camps. Tous ceux qui se sont évertués à me réduire, me nier, me briser, et pour finir, me jeter dans l’arène de l’indifférence depuis 1970, ont gagné. Et pourtant, à ce jour, tant que je suis vivant, je n’ai ni réussi, ni échoué, car j’existe toujours et expose mes œuvres.
Ma peinture actuelle est donc existante et non existante, existante parce qu’encore exposée malgré tout et inexistante aux yeux de mes détracteurs opposés aux miens. Elle sort définitivement des chemins binaires de la pensée Aristotélicienne qui condamne le « tiers exclu », par le fait que mes propositions ne sont ni vraies ni fausses par rapport à une pensée déclarée, figurative, abstraite, ou d’art contemporain (l’AC).
Je ne suis donc pas en rupture avec ces académies mais plutôt exécutant d’une quatrième voie que j’essaie de définir au cours de mes recherches. Au lieu d’un fonctionnement binaire, il est donc question d’avoir une pensée tétravalente au sein du médium. Ce qui ne fait pas de moi un artiste sans concept.
Toujours dans cette hypothèse et dans l’esprit que tout a été produit dans la peinture et la sculpture, notamment dans toute l’histoire des arts et de l’identité des peuples, je déclare par une pensée tétravalente que je produis depuis les années 2000, des œuvres qui sont et ne sont pas. Elles sont existantes et non existantes dans toute l’histoire des représentations.
Cette pensée de la quatrième voie, en rupture avec personne, ne propose rien qui puisse donner naissance à une polémique en matière de nouveauté ou d’ancienneté du médium. Elle s’autorise le couplage de toutes sources identitaires, toutes les difficultés qualitatives du métier ainsi que toutes ses insuffisances. Il faut dans cette pensée, laisser les courants dominants se submerger par leur vague d’intolérance, se comporter comme une résistance électronique, comme un semi-conducteur. Laisser passer les flux et les retenir quand c’est nécessaire. Ne plus rechercher ni vrai ni faux, mais puiser à travers l’histoire de l’Art, la photographie et l’actualité de l’image mobile, toutes ces faussetés et toutes ces vraisemblances, pour s’en servir et laisser place à autre chose, quand l’examen est terminé.